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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 16:13
ELECTIONS UNIVERSITAIRES:
OU L’ILLUSION DE LA DEMOCRATIE

 
Dans les semaines à venir, plusieurs élections auront lieu (Universitaires, Cantonales, Régionales et Européennes)pour lesquelles on va nous demander encore une fois de donner notre voix. Gageons que nombre de candidat-e-s utiliseront l’argument : voter pour eux est notre seul moyen d’être représenté-e-s auprès des grandes instances. Mais que représentent-ils ? Simplement leur volonté d’asseoir leur pouvoir en récupérant les différents mouvements précédents et nos diverses préoccupations face au projet de société qui nous est imposé, en autre dans l’enseignement universitaire.
A l’université,ce que l’on ne nous dira pas, c’est que depuis que les instances élues existent, elles n’ont jamais enrayé la dégradation de nos conditions d’études et n’ont jamais été ne serait-ce qu’un frein aux réformes que l’université a subi, et est en train de subir.
Le travail d’information, qui est sensé être celui des élu-e-s étudiant-e-s, est très peu, voire pas du tout fait par ces derniers ; il est heureusement relayé par des étudiant-e-s s’organisant de manière autonome. Mais de toute façon, l’information est distribuée de manière sélective aux étudiant-e-s, puisque les élu-e-s ont le privilège de pouvoir demander des documents, comme les projets de Contrat d’Etablissement (organisation et planification de la politique et de la vie universitaire pour 4 ans, propre à chaque université). L’information étant un pouvoir, on veut nous orienter vers des structures décrétées représentatives qui servent de filtres entre nous et les administrateurs.
 
Les élus étudiants prétendent nous représenter, mais de quel droit?
 
A aucun moment nous ne définissons précisément ce que devra être leur mandat. Nous ne faisons que glisser un papier dans une urne, leur donnant toute légitimité pour parler à notre place et en notre nom.
Nous n’avons aucun contrôle sur ce qu’ils peuvent dire ou voter lors des conseils d’administration par exemple, et nous ne pouvons donc pas non plus les révoquer, c’est-à-dire les défaire de leur fonction ; ils peuvent très bien nous promettre d’adopter telle position avant les élections pour nous séduire et avoir notre assentiment par le vote et puis, libérés de tout contrôle collectif, faire ce qu’ils veulent après (tout comme nos politiciens nationaux), sans se préoccuper de notre avis.
On sait bien que les réformes sont élaborées sans eux dans les ministères; ils n’ont aucun poids dessus car souvent, ils n’en votent, dans les instances où ils siègent, que les modalités d’application (quand ils votent, car dans certaines de ces instances, ils n’ont qu’une voix consultative...). Et même s’ils veulent faire entendre une voix discordante, ils sont de toute façon minoritaires face aux dirigeants de l’université qui sont, eux, chargés d’appliquer la politique décidée par le haut.
Dans tous les cas, ils ne sont qu’une caution à la soit-disante «démocratie» qu’on voudrait nous faire avaler. Ils sont là pour prouver que «les étudiant-e-s ont la parole» ; mais lorsqueces dernier-ère-s la prennent lors d’Assemblées Générales, lorsqu’ils établissent clairement leurs revendications et veulent décider eux-mêmes de ce qui les concerne directement, là, comme par hasard, on ne parle plus de démocratie (pourtant, ce mot veut dire «gouvernement du peuple par le peuple», pas par des élus).
La véritable démocratie est celle qui s’instaure dans les AG, lorsque la fonction d’une personne mandatée est définie collectivement, lorsque cette fonction peut être contrôlée et la personne révoquée en cas de non-respect de la position collective. Un mandaté d’AG, s’il doit porter une position collective, aura plus de poids qu’un élu parce qu’il y a un mouvement de gens derrière lui qui exerce, de fait, une pression: les gens sont actifs et ils n’attendent pas passivement ce qui va se décider.
 
Car au final, qu’est-ce qui peut faire avancer nos revendications?
 
Certainement pas les élu-e-s des associations ou syndicats étudiants, qui eux, pour la plupart, mènent leur bataille électorale en défendant leur sigle, leur étiquette, leur filière (corporatisme), et qui poussent les étudiant-e-s à la participation aux élections (de préférence en votant pour eux). Cette bataille électorale se fait, à plus petite échelle, sur le même principe que les campagnes nationales des grandes élections : le but est de faire voir aux étudiant-e-s qu’on est d’accord avec eux et qu’on les soutient dans leurs aspirations, et au final de se récolter des voix.
Méfions-nous donc de l’intervention des représentant-e-s syndicaux dans les mouvements, et de la récupération qu’ils peuvent faire de ceux-ci. Les candidats aux élections étudiantes sont bien souvent plus soucieux de leur réélection et de l’importance que prendra leur organisation dans les instances de gestion, que de la défense des intérêts des étudiants.
Ce qui fait avancer réellement nos revendications, c’est le fait que les étudiant-e-s s’organisent concrètement pour mettre sous pression les décideur-euse-s, et ne restent pas dans leur coin avec leur mécontentement. En laissant des gens décider à notre place et en leur permettant de négocier une réforme que nous ne voulions pas, nous avons perdu la teneur de nos revendications et notre lutte a échoué.Pour exemple, quand avons nous été consulté pour la modification du calendrier universitaire ? Voyons, aussi, la démarche des grosses centrales syndicales qui ont voulu cadrer le mouvement dans l’Education Nationale au printemps dernier en organisant des grosses manifestations à répétition, une journée de grève nationale par-ci par-là, de belles actions symboliques ! Résultat: déception et découragement, car même avec un million et demi de personnes dans les rues, la réforme sur les retraites est passée. Ces méthodes ont prouvé, une fois de plus, leur inefficacité !
 
Une chose est sûre : les intérêts que nous défendons ne sont pas ceux des instances décisionnelles de la fac, et ce n’est pas en y siégeant que nous les défendrons. Si les étudiant-e-s ont un poids, ce n’est ni à travers les élections universitaires, ni par une soit-disante représentation dans les instances décisionnelles de la faculté. C’est dans l’action collective : dans les AG et sur le terrain (blocages, occupations, paralysie de ces instances, solidarité avec des catégories qui subissent les mêmes logiques comme les intermittent-e-s, les chômeur-euse-s, les salarié-e-s, etc...).
 
ELIRE, C’EST LAISSER A D’AUTRES LE SOIN
DE GERER SES PROPRES AFFAIRES.
ABSTENTION AUX ELECTIONS ET ACTION COLLECTIVE!
                                                                                 
Section Universitaire du Groupement d’Action et de Réflexion AnarchoSyndicaliste de Tours        
 
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Elections Universitaires
Par baz13 - Publié dans : infopersogaras
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 16:12
 
 
 
Lors d’un mouvement étudiant, la grève est positive car elle libère du temps pour lutter, s’organiser et se coordonner, et parcequ’elle a un impact au niveau médiatique et symbolique ( vis à vis de la bonne image que veut se donner l’université ). De plus, le fait que de nombreux étudiants se déclarent grévistes peut amener des gens extérieurs au mouvement et pas toujours bien informés à se poser des questions sur les raisons qui nous poussent à en arriver là.
 
Pourtant une grève étudiante a souvent moins d’impact qu’une grève dans le monde du travail, car contrairement aux salariés d’une entreprise, les étudiants ne génèrent pas de profits pour ceux qui mènent la barque. Du coup ceux-ci sont prêts à faire moins de concession que lorsque des enjeux économiques entrent en ligne de compte ( ceci dit, des salariés comme les profs ont le même problème puisqu’ils ne produisent pas de profits non plus ). Bien entendu, la contrepartie est qu’une grève faite par des salariés sur leur lieu de travail est beaucoup plus risquée pour eux que ne l’est une grève chez les étudiants. Retraits des jours de grève sur les salaires, sanctions diverses, restriction du droit de grève… tout va être mis en place par les dirigeants pour minimiser les dommages sur l’entreprise. Pour les étudiants, la grève, dans la mesure où elle comporte moins de risques, doit donc être mise à profit pour organiser des actions qui vont réellement gêner les dirigeants.
Un mouvement étudiant ne peut donc pas se limiter à un arrêt du travail pour faire pression et satisfaire ses revendications. D’autres moyens d’actions doivent être mis en place en parallèle pour peser et rendre le mouvement dérangeant pour les décideurs.
 
Ce tract a donc pour but d’amener quelques pistes de réflexion sur les moyens que les étudiants peuvent se donner pour mettre sous pression les décideurs, que ce soit au niveau gouvernemental, où les réformes se décident et au niveau de la direction de l’université, où sont discutées leurs modalités d’application, ou encore sur des luttes locales de moindre envergure ( voire la lutte actuelle des étudiants de Caen sur leurs problèmes de logement ).
 
 
Les instances représentatives ?
 
Faut-il s’en remettre aux « représentants » de toutes sortes ( délégués, élus étudiants, etc. ), censés répercuter notre point de vue dans les instances décisionnelles ? Cela ne semble pas très réaliste : primo, ils n’ont pas réellement leur mot à dire ( voix consultative dans certaines instances comme les conseils d’UFR, et représentation extrêmement minoritaire ), secundo rien ne permet de contrôler ce qu’ils disent ou votent en notre nom ( une fois élus, rien ne les empêche de transgresser les positions sur lesquelles ils ont été élus, positions que nous n’avons jamais décidé ensemble ). Ils ne représentent bien souvent que leur propre intérêt ou celui de leur syndicat ou association, et servent de caution à l’administration pour pouvoir prétendre que les étudiants « ont la parole » et ainsi, contester notre droit à refuser les décisions qui sont prises dans notre dos.
 
Les actions symboliques ?
 
La manifestation de masse est souvent un bon moyen de faire parler du mouvement, de se faire voir, d’unir tous ceux qui luttent à un moment et sur un lieu précis, de réunir des mouvements qui portent sur des secteurs ( professionnels, géographiques ) ou des revendications différentes.
Cependant la manifestation ne pèse pas beaucoup dans la balance, et en règle générale les dirigeants s’en balancent. En effet, elle est l’expression d’une opposition qui ne se traduit pas forcément en actes concrets ( beaucoup de manifestants ne signifie pas nécessairement beaucoup de personnes mobilisées sur le terrain de la lutte ). Quant à la manif en elle même, elle ne fait au mieux que perturber la circulation quelques heures et mobiliser quelques flics. De plus, les manifs à répétition ont tendance à épuiser physiquement et moralement le mouvement, justement car elles ne débouchent sur rien de concret. Il en va de même pour toutes les actions à but uniquement symbolique, qui travaillent l’image sans s’attaquer aux intérêts matériels des décideurs.
Il est également important de ne pas focaliser notre énergie sur les journées « d’action nationale », qui concentrent la lutte sur des moments et des lieux précis alors qu’elle est plus efficace si on lui donne les moyens d’être constante et diversifiée sur le lieu d’activité.
 
L’action directe ?
 
Le rapport de force nécessaire pour faire aboutir nos revendications se situe dans la mise sous pression des instances dirigeantes. En effet, les seules actions capables de mettre réellement en échec les décisions que l’on veut nous imposer sont celles qui frappent directement les intérêts des décideurs, lorsque les étudiants agissent sans intermédiaires.
 
Empêcher le bon fonctionnement de l’université et s’attaquer à l’image qu’elle voudrait donner peut pousser l’administration à céder ou à accepter de négocier pour mettre fin à une situation gênante.
Il est bon par exemple de se tenir au courant des réunions officielles où se prennent les décisions ( conseils d’administration et d’UFR ) car si le rapport de force est suffisant on peut les envahir et les bloquer régulièrement jusqu’à ce que nos exigences soient satisfaites, ce qui est très handicapant pour la gestion de l’université.
Dans la même optique, on peut envisager d’occuper des locaux stratégiques ( présidence, secrétariats, bureaux voire, mais c’est une action de plus grande ampleur, l’inspection académique… ), en établissant une rotation des occupants et des actions quand il s’agit de luttes qui s’inscrivent dans la durée. Ceci dit, il est inutile de chercher la répression : il vaut mieux se retirer quand on a pas le rapport de force, quitte à changer de cible ensuite. Face à la possibilité de répression, être en lien avec des avocats, connaître ses droits en cas d’arrestation; faire passer des brochures explicatives sur le sujet est utile et permet d’agir consciemment.
 
À plus grande échelle, l’occupation de la faculté en elle même et son blocage sont encore plus dérangeants, car ils perturbent partiellement ou totalement l’ensemble de son fonctionnement. Elle permet aux étudiants de s’approprier leur lieu de travail, facilite grandement leur coordination, et elle met sous pression les dirigeants en sapant l’image de marque du lieu qu’ils sont censés gérer et les empêche d’assumer leur responsabilité dans la bonne tenue des cours ou des examens ; surtout à l’heure où les étudiants sont de plus en plus considérés comme des clients.
 
Bien expliquer la démarche…
 
Les actions de blocage qui empêchent les étudiants de suivre leurs cours dans des conditions normales sont délicates à mener car elles sont souvent mal perçues par les non-grévistes. Il est donc très important d’expliquer ( par le biais de tracts, d’affiches ou de débats par exemple ) le but de l’action et de sensibiliser sur le fait que ces initiatives sont réalisées dans l’intérêt de tous, et que ce n’est pas une manière de « prendre en otage » qui que ce soit ( argument idéologique anti-gréviste martelé par les grands médias ). La communication est essentielle : par ce genre d’actions on peut rapidement être considérés comme des « fouteurs de merde » et se mettre à dos une bonne partie de ceux qui ont le même intérêt que nous à voir aboutir les revendications, et ce n’est évidemment pas le but du jeu. Quand une action « coup de poing » qui pourrait être mal perçue a lieu, il est important d’argumenter la démarche.
 
Tisser des liens, fédérer nos luttes…
 
L’union fait la force, c’est pourquoi il est important de ne pas s’enfermer dans son secteur, et de développer quand c’est possible des actions et réflexions communes avec d’autres mouvements ou d’autres catégories touchées par le même type de problème ( la décentralisation par exemple, ne touche pas que le secteur étudiant, loin de là ). La solidarité interprofessionnelle et entre les différents secteurs ( ex. : étudiants, personnels IATOSS, profs ) d’une même branche d’activité ( comme l’éducation ) renforce l’efficacité de nos actions. Elle s’exprime par des AG communes et des actions unitaires. De même, sensibiliser les lycéens, dont beaucoup sont de futurs étudiants, peut avoir un certain impact.
 
Le sabotage… au sens large.
 
Enfin, un bon moyen de faire pression peut être le sabotage. Bien sûr il ne s’agit pas là de dégradations ou de vandalisme gratuit, mais d’actions ciblées permettant de gêner le bon fonctionnement de la faculté ou sa communication vers l’extérieur. Par exemple, le détournement de campagnes d’affichage de la faculté, ou le blocage du système informatique intranet… Bref, il s’agit encore une fois de montrer notre détermination à jouer les troubles-fêtes tant que nos revendications ne seront pas prises en compte. Bien sûr, pour que ces actions soient efficaces, il faut qu’elles soient le fruit de la volonté de l’ensemble des grévistes, pour montrer qu’il ne s’agit pas du fait d’une poignée d’agitateurs isolés mais de l’ensemble des gens en lutte. Il est important de les décider collectivement car elles peuvent là encore donner une mauvaise image des grévistes, ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère. On peut aussi essayer d’organiser des sabotages qui bénéficient directement aux étudiants ou aux travailleurs ( par exemple la gratuité du restaurant universitaire ). Une fois la décision prise, la mise en pratique doit évidemment être la plus discrète possible car cette forme de lutte est bien sûr illégale et donc risquée. Enfin, saboter, c’est aussi se donner la possibilité de contrer la désinformation provenant des décideurs, en faisant passer notre point de vue : les réunions-conférences organisées par la présidence pour rassurer et endormir les étudiants méritent souvent d’être perturbées par exemple, ou alors plus simplement l’affichage, le tractage massif, les interventions en début de cours pour expliquer pourquoi nous luttons.
 
Ces exemples d’actions à mener sont loin d’être exhaustifs, ce ne sont ici que quelques pistes et ce tract n’a pas d’autre ambition que d’en répertorier quelques unes en pesant le pour et le contre. Une chose est sûre, la construction d’une lutte efficace passe nécessairement par la mise en place d’un rapport de force avec les instances dirigeantes, et seule l’expression de notre détermination à ne rien se laisser imposer pourra les faire reculer. Mais ces actions n’auront pas de poids réel si elles ne sont pas décidées et mises en pratique collectivement, car il faut bien montrer que c’est un mouvement de lutte qui en est à l’origine et non quelques excités. Enfin, pour qu’elles soient efficaces, il ne faut pas les voter sans être sûrs d’avoir les moyens de les mettre en œuvre, car voter des choses que l’on ne sera pas capables de tenir décourage tout le monde et nous décrédibilise.
 
CONSTRUISONS LE RAPPORT DE FORCE POUR LA SATISFACTION DE NOS REVENDICATIONS !
 
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Etudiants, quels moyens d’action pour nos luttes ?
 
 
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 16:11
En lutte contre la misère sociale !
 
Un mois que le mouvement contre le CPE s’amplifie. Contre le CPE ? Oui, mais pas seulement, contrairement à ce que les médias, les politiciens et certains syndicats disent. A Tours, nous sommes aussi pour l’abrogation de la loi sur l’égalité des chances, le retrait du décret sur le contrôle des chômeurs, l’abrogation du CNE, du dispositif LMD et bien d’autres choses. On peut parfois déplorer un manque d’intérêt pour l’interpro, mais nous ne pouvons pas être taxés de corporatistes, ce qui est très positif. Elargir notre mouvement aux salariés et chômeurs est une nécessité, et il faudrait continuer le travail de diffusion vers les entreprises et les ANPE, même si les salariés réfléchissent toujours à deux fois avant de perdre leur paye et que les chômeurs sont très souvent isolés les uns des autres. Nos AG ont décidé d’aller aux intersyndicales, mais ne nous faisons pas d’illusions : elles n’ont pas aidé à la grève générale contre la réforme des retraites en 2003, elles ne le feront pas plus aujourd’hui ; ce sont uniquement les sections combatives qui peuvent nous aider. Le minimum que nous avons à leur demander, sans y consacrer trop d’énergie, est le dépôt de préavis de grève couvrant de manière illimitée les personnels de la fonction publique ; dans le privé on fait la grève sur le tas. Mais c’est avant à nous de créer les contacts, de mandater des personnes pour le relais des informations, et d’aider dans la mesure de nos moyens. Par ailleurs, nous déplorons toujours aussi fortement l’absence de caisses de solidarité pour payer une partie des salaires des grévistes, ce qui est un gros frein aux grèves (pourtant, ce n’est pas faute pour la plupart des syndicats de brasser des millions chaque année). Quant aux forces politiques n’attendons rien des partis de gauche qui préparent déjà les élections de 2007 : si ce mouvement échoue, cela fera leur affaire, puisque la seule solution qu’ils avanceront pour changer les choses sera de voter pour eux (comme d’hab). Remarquons que contre le CNE, similaire au CPE
(2 ans de période d’essai), syndicats et partis de gauche n’ont rien tenté…
 
Et l’action ? A Tours le blocage de l’IUT a pris une tournure très conflictuelle avec une partie des étudiants, stimulés par l’UNI et un petit groupe d’activiste faisant également penser à l’extrême-droite, même s’il serait abusif de coller cette étiquette à la majorité des anti-grévistes, et encore moins à l’ensemble des étudiants de l’IUT. Par contre, il y a un noyau formé pour une bonne part de fils à papa bien égoïstes qui emploient le « moi je » à tour de bras, et qui n’ont même pas le courage d’assumer qu’ils sont pour le CPE. Profitant de cette alliance provisoire des arrivistes, des fachos et des petit-bourges encouragée par certains profs, le CA de l’université essaye de décridibiliser notre lutte en organisant un référendum. Comme si les référendums était organisés pour ce qui nous concerne en temps normal dans notre pseudo-démocratie (Sur l’adoption du CNE ? Au travail, en politique ?), et comme si dans notre système nous pouvions considérer que l’organisation des référendums est démocratique. La démocratie sur convocation non merci, oui à celle des AG.
Sur l’utilité du blocage, nous renvoyons au journal du mouvement Demain en main n°1. Les actions qui peuvent bloquer des lieux d’étude, mais aussi de travail ne sont pas à négliger, surtout si elles touchent au portefeuille des patrons et/ou permettent la redistribution immédiate des richesses. Dans le capitalisme, s’en prendre au profit est toujours un moyen de pression efficace. Si nous bloquons les voies SNCF, pensons à bloquer le fret pour paralyser les marchandises, au lieu de bloquer les voyageurs. Piller des magasins alimentaires, ou genre la FNAC, pour redistribuer les richesses produites par la collectivité et qui profitent avant tout à une minorité s’est déjà fait sur d’autres mouvements.
 
Une dernière proposition : voter une liste d’action très large en AG, dans laquelle la commission action choisira ensuite, en secret. Le fonctionnement actuel nous rend dépendant de quelques personnes, alors que nous pouvons allier démocratie et efficacité.
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En lutte contre la misère sociale !
 
Un mois que le mouvement contre le CPE s’amplifie. Contre le CPE ? Oui, mais pas seulement, contrairement à ce que les médias, les politiciens et certains syndicats disent. A Tours, nous sommes aussi pour l’abrogation de la loi sur l’égalité des chances, le retrait du décret sur le contrôle des chômeurs, l’abrogation du CNE, du dispositif LMD et bien d’autres choses. On peut parfois déplorer un manque d’intérêt pour l’interpro, mais nous ne pouvons pas être taxés de corporatistes, ce qui est très positif. Elargir notre mouvement aux salariés et chômeurs est une nécessité, et il faudrait continuer le travail de diffusion vers les entreprises et les ANPE, même si les salariés réfléchissent toujours à deux fois avant de perdre leur paye et que les chômeurs sont très souvent isolés les uns des autres. Nos AG ont décidé d’aller aux intersyndicales, mais ne nous faisons pas d’illusions : elles n’ont pas aidé à la grève générale contre la réforme des retraites en 2003, elles ne le feront pas plus aujourd’hui ; ce sont uniquement les sections combatives qui peuvent nous aider. Le minimum que nous avons à leur demander, sans y consacrer trop d’énergie, est le dépôt de préavis de grève couvrant de manière illimitée les personnels de la fonction publique ; dans le privé on fait la grève sur le tas. Mais c’est avant à nous de créer les contacts, de mandater des personnes pour le relais des informations, et d’aider dans la mesure de nos moyens. Par ailleurs, nous déplorons toujours aussi fortement l’absence de caisses de solidarité pour payer une partie des salaires des grévistes, ce qui est un gros frein aux grèves (pourtant, ce n’est pas faute pour la plupart des syndicats de brasser des millions chaque année). Quant aux forces politiques n’attendons rien des partis de gauche qui préparent déjà les élections de 2007 : si ce mouvement échoue, cela fera leur affaire, puisque la seule solution qu’ils avanceront pour changer les choses sera de voter pour eux (comme d’hab). Remarquons que contre le CNE, similaire au CPE
(2 ans de période d’essai), syndicats et partis de gauche n’ont rien tenté…
 
Et l’action ? A Tours le blocage de l’IUT a pris une tournure très conflictuelle avec une partie des étudiants, stimulés par l’UNI et un petit groupe d’activiste faisant également penser à l’extrême-droite, même s’il serait abusif de coller cette étiquette à la majorité des anti-grévistes, et encore moins à l’ensemble des étudiants de l’IUT. Par contre, il y a un noyau formé pour une bonne part de fils à papa bien égoïstes qui emploient le « moi je » à tour de bras, et qui n’ont même pas le courage d’assumer qu’ils sont pour le CPE. Profitant de cette alliance provisoire des arrivistes, des fachos et des petit-bourges encouragée par certains profs, le CA de l’université essaye de décridibiliser notre lutte en organisant un référendum. Comme si les référendums était organisés pour ce qui nous concerne en temps normal dans notre pseudo-démocratie (Sur l’adoption du CNE ? Au travail, en politique ?), et comme si dans notre système nous pouvions considérer que l’organisation des référendums est démocratique. La démocratie sur convocation non merci, oui à celle des AG.
Sur l’utilité du blocage, nous renvoyons au journal du mouvement Demain en main n°1. Les actions qui peuvent bloquer des lieux d’étude, mais aussi de travail ne sont pas à négliger, surtout si elles touchent au portefeuille des patrons et/ou permettent la redistribution immédiate des richesses. Dans le capitalisme, s’en prendre au profit est toujours un moyen de pression efficace. Si nous bloquons les voies SNCF, pensons à bloquer le fret pour paralyser les marchandises, au lieu de bloquer les voyageurs. Piller des magasins alimentaires, ou genre la FNAC, pour redistribuer les richesses produites par la collectivité et qui profitent avant tout à une minorité s’est déjà fait sur d’autres mouvements.
 
Une dernière proposition : voter une liste d’action très large en AG, dans laquelle la commission action choisira ensuite, en secret. Le fonctionnement actuel nous rend dépendant de quelques personnes, alors que nous pouvons allier démocratie et efficacité.
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 16:11
Lutter contre le CPE et le CNE ?
Oui, mais pas seulement…
 
Allons à l’essentiel : on nous impose un contrat avec période d’essai de 2 ans. Donc deux années où l’on pourra se faire virer par l’employeur sans justification (pratique pour lui, vous ne trouvez pas ?). Ceci vient après la flexibilité du temps de travail généralisée par les lois sur les 35H, la baisse des pensions de retraite par l’allongement de la durée de cotisation et la décote, les déremboursements répétés de médicaments par la sécurité sociale, la baisse des allocations chômage et le renforcement du flicage des demandeurs d’emploi s’accompagnant à présent d’un chantage à la suspension des assédics… On pourrait allonger la liste, et elle ne date pas de l’arrivée de ce gouvernement en particulier.
Ces attaques contre notre protection sociale évoluent en même temps que le durcissement de la compétition économique mondiale. Chacun peut constater les vagues de licenciements, les délocalisations, la montée de nouveaux concurrents pour le patronat européen, comme les patronats indiens et chinois…
Ce que nous vivons en ce moment c’est le durcissement des conditions d’exploitation de notre force de travail, la volonté d’économiser au maximum sur le social pour continuer à être compétitifs. Ce qui a été acquis, et accordé pour maintenir la paix sociale, nous est aujourd’hui repris. La possibilité d’exploiter la main d’œuvre dans les meilleures conditions de rendement possible n’est plus garantie pour le patronat. Il n’y a pas d’avenir dans ce système inhumain, cessons de rêver sur les ‘‘30 glorieuses’’ ou d’envier une vie de bourgeois bien illusoire et nourrie de la misère des autres.
Si les arguments sociaux ne vous convainquent pas, le pourrissement de notre planète par les pollutions devrait suffire : nous en arrivons au stade suprême de l’absurdité, puisqu’en détruisant la nature, ce chaos organisé qu’est le capitalisme est en train de nous détruire. Et on nous dit d’être réalistes, responsables, que c’est pire ailleurs… Responsables ? On nous dit de bien éduquer nos enfants, tout en nous demandant de ne pas nous soucier de leur laisser une planète de plus en plus invivable ? Réalistes ? Accompagner cette course sans fin à plus de rendement pour plus de profit, en participant à la gestion de ce système qui entretient des nantis et divise l’humanité en classes sociales ? Continuer la politique du moins pire ? Toujours se soumettre à ceux qui nous font dépendre d’eux pour vivre (patrons et Etat, défendus par leurs forces de sécurité), afin que les membres des prochaines générations qui en auront les moyens puissent se payer une chimio à des tarifs raisonnables, dans ce monde où le cancer se développe ?
Alors, plutôt que de faire le énième tract d’analyse ou de dénonciation des CPE et CNE, nous vous disons plutôt que ces contrats ne sont qu’une conséquence parmi d’autres de ce système. L’être humain a pu être soumis et maintenu dans de plus ou moins mauvaises conditions d’exploitation pendant de nombreux siècles, mais, avec la dégradation de la planète, nous arrivons en ce moment au point d’un lent suicide généralisé. Jusqu’à quand allons-nous laisser faire ? N’est-il pas plus que temps de mener une lutte globale, de lier nos problèmes quotidiens avec la lutte contre le capitalisme ? A vous de voir…
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Lutter contre le CPE et le CNE ?
Oui, mais pas seulement…
 
Allons à l’essentiel : on nous impose un contrat avec période d’essai de 2 ans. Donc deux années où l’on pourra se faire virer par l’employeur sans justification (pratique pour lui, vous ne trouvez pas ?). Ceci vient après la flexibilité du temps de travail généralisée par les lois sur les 35H, la baisse des pensions de retraite par l’allongement de la durée de cotisation et la décote, les déremboursements répétés de médicaments par la sécurité sociale, la baisse des allocations chômage et le renforcement du flicage des demandeurs d’emploi s’accompagnant à présent d’un chantage à la suspension des assédics… On pourrait allonger la liste, et elle ne date pas de l’arrivée de ce gouvernement en particulier.
Ces attaques contre notre protection sociale évoluent en même temps que le durcissement de la compétition économique mondiale. Chacun peut constater les vagues de licenciements, les délocalisations, la montée de nouveaux concurrents pour le patronat européen, comme les patronats indiens et chinois…
Ce que nous vivons en ce moment c’est le durcissement des conditions d’exploitation de notre force de travail, la volonté d’économiser au maximum sur le social pour continuer à être compétitifs. Ce qui a été acquis, et accordé pour maintenir la paix sociale, nous est aujourd’hui repris. La possibilité d’exploiter la main d’œuvre dans les meilleures conditions de rendement possible n’est plus garantie pour le patronat. Il n’y a pas d’avenir dans ce système inhumain, cessons de rêver sur les ‘‘30 glorieuses’’ ou d’envier une vie de bourgeois bien illusoire et nourrie de la misère des autres.
Si les arguments sociaux ne vous convainquent pas, le pourrissement de notre planète par les pollutions devrait suffire : nous en arrivons au stade suprême de l’absurdité, puisqu’en détruisant la nature, ce chaos organisé qu’est le capitalisme est en train de nous détruire. Et on nous dit d’être réalistes, responsables, que c’est pire ailleurs… Responsables ? On nous dit de bien éduquer nos enfants, tout en nous demandant de ne pas nous soucier de leur laisser une planète de plus en plus invivable ? Réalistes ? Accompagner cette course sans fin à plus de rendement pour plus de profit, en participant à la gestion de ce système qui entretient des nantis et divise l’humanité en classes sociales ? Continuer la politique du moins pire ? Toujours se soumettre à ceux qui nous font dépendre d’eux pour vivre (patrons et Etat, défendus par leurs forces de sécurité), afin que les membres des prochaines générations qui en auront les moyens puissent se payer une chimio à des tarifs raisonnables, dans ce monde où le cancer se développe ?
Alors, plutôt que de faire le énième tract d’analyse ou de dénonciation des CPE et CNE, nous vous disons plutôt que ces contrats ne sont qu’une conséquence parmi d’autres de ce système. L’être humain a pu être soumis et maintenu dans de plus ou moins mauvaises conditions d’exploitation pendant de nombreux siècles, mais, avec la dégradation de la planète, nous arrivons en ce moment au point d’un lent suicide généralisé. Jusqu’à quand allons-nous laisser faire ? N’est-il pas plus que temps de mener une lutte globale, de lier nos problèmes quotidiens avec la lutte contre le capitalisme ? A vous de voir…
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Par baz13 - Publié dans : infopersogaras
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 16:10
Travailleurs, étudiants, chômeurs, lycéens, retraités :
tous solidaires, organisons la grève générale nous-mêmes !
 
 
Le gouvernement au service du patronat a déclaré qu’il ne veut pas accéder à nos revendications : donc, il ne reculera pas sans une grève massive qui bloque l’économie. L’éducation nationale a débuté ce mouvement à cause des nombreuses attaques qu’elle a subies cette année, mais ce secteur n’est pas celui qui a le plus de répercussions sur l’économie. Cela fait plusieurs semaines que l’Assemblée Générale départementale de l’éducation interpelle les confédérations sur la question de la grève générale : aujourd’hui, il est clair qu’elles ne veulent pas l’organiser et qu’elles font diversion avec leurs journées d’action épisodiques et leurs manifestations à répétition. Ce sont des militants à la base de ces confédérations qui participent au mouvement ainsi que des non syndiqués, qui n’ont pas attendu un appel à la grève générale pour se mettre en mouvement. Nous sommes donc à l’heure des choix : soit nous continuons à espérer un appel qui ne viendra pas, soit nous organisons nous-mêmes la grève générale.
Cela demande de l’organisation, et une pratique réelle de la démocratie. Il est vital pour la grève de contrôler nos AG et d’organiser la solidarité interprofessionnelle. Le comité de liaison inter-entreprise de Tours-nord est une structure qui fonctionne : elle permet un travail vers les entreprises du privé, c’est à dire produire et distribuer des tracts explicatifs de la réforme des retraites en allant sur les lieux de travail, tout en prenant contact directement avec les sections syndicales prêtes à entrer dans le mouvement. A Tours-centre, les manifs tous les soirs à 17H30 (décision prise par les syndicats et non par les grévistes en AG) ont court-circuité l’AG interprofessionnelle, qui aurait pourtant pu permettre d’organiser concrètement le soutien vers le centre de tri de la poste et la SNCF. Ceux qui pensent que l’organisation du mouvement (se doter de structures, de caisses de solidarité, d’un fonctionnement autogéré en AG…) est secondaire, se trompent lourdement, à notre avis. Pour exemple, le fonctionnement de l’AG départementale de l’éducation nationale : aucune rotation du président de séance (car tribune syndicale), aucune possibilité pour les grévistes (syndiqués ou non) de prendre en main la marche de leur mouvement. L’AG des personnels de l’université a essayé lors de deux AG de faire voter une motion de soutien pour organiser un blocage du bac, et à chaque fois le président de séance auto-proclamé a évacué la question pour empêcher le vote : lors de la 2ème AG, il a uniquement mis au vote une motion déclarant que nous nous engagions à ne faire aucune action violente ou non-violente perturbant le bac. Cela nous a rappelé la CFDT, qui lors du dernier conflit des routiers a déclaré dès le départ qu’elle ne bloquerait pas les plates-formes d’approvisionnement des entreprises en hydrocarbures : voilà comment on sabote une grève au lieu de saboter le bénéfice patronal. Combien de temps allons-nous nous laisser mener par le bout du nez ainsi ? Ce ne sont pas les manifestations ou les actions symboliques et médiatiques qui inquiètent le gouvernement, mais le manque à gagner des entreprises.
Comme nous sommes actuellement dans une impasse, nous faisons des propositions concrètes de fonctionnement pour aller de l’avant dans la maîtrise de notre mouvement. Soit nous nous organisons et nous contraignons les centrales syndicales à suivre, soit nous les attendons et restons soumis au bon vouloir de leurs bureaucrates : à nous de choisir, la suite en dépend. Ce que vous venez de lire n’est pas de l’anti-syndicalisme, c’est au contraire l’affirmation de notre vision du syndicalisme : un syndicat n’a pas pour vocation de diriger les luttes, mais de les soutenir. Ceci dit, pour qu’un syndicat puisse jouer ce rôle, il faut qu’il soit géré directement par ses adhérents, sans que ne se mette en place une structure hiérarchisée. Ce mouvement est la démonstration concrète qu’aucune des grandes confédérations ou fédérations n’est maîtrisée par ses adhérents. Au moment où le taux de syndicalisation est au plus bas (autour de 3% dans le privé, et de 10% dans le public), et que le patronat durcit le ton à travers un gouvernement de choc, la question d’un syndicat de lutte de classe pleinement maîtrisé par ses adhérents se pose cruellement.
 
Puisque personne ne défend nos intérêts à notre place, personne ne doit décider à notre place.
 
 
Pour des assemblées générales démocratiques et efficaces
 
L’assemblée générale est un lieu où des individus décident de s’organiser pour résoudre des problèmes concrets et débattre, par exemple lors d’une grève pour décider la façon de mener le mouvement. Selon nous, tout doit se décider en assemblée générale. Nous tenons à être clair : en aucun cas il ne peut y avoir de décisions prises par quelques uns au nom de tous. Toute apparition de leaders aboutit inévitablement au détournement de la lutte de ses objectifs premiers : soumission de la lutte aux intérêts d’une chapelle politique ou syndicale, accords signés sur le dos des travailleurs en échange de promotions personnelles, etc… Grâce à la pratique collective de l’AG nous reprenons notre droit à dire ce que nous pensons, et décider de ce qui est bon pour nous ou pas ; la solidarité peut alors se substituer à l’égoïsme habituel. Cela n’est cependant possible que si l’assemblée est l’endroit où s’exprime la démocratie directe, c’est à dire que tout le monde est mis sur un pied d’égalité quel que soit son statut, sa position hiérarchique, son contrat, sa culture, son sexe, sa capacité à s’exprimer, sa profession…
Comment cela se concrétise-t-il ? Sans un minimum de rigueur et d’organisation une AG peut vite devenir un cirque sans intérêt où règnent une poignée de militants. C’est pourquoi l’implication active du plus grand nombre ainsi que quelques règles de fonctionnement sont nécessaires, afin d’éviter le bordel et l’apparition d’une direction du mouvement :
 
·         Un ordre du jour doit être adopté collectivement au début de l’AG(si nécessaire, une commission de préparation de l’AG peut être nommée, avec des mandatés de secteur s’il s’agit d’une AG regroupant plusieurs secteurs, et des observateurs pour vérifier que les mandatés respectent les décisions de la base : en aucun cas ne doit apparaître un comité ou un bureau qui contrôlerait ou modifierait ce qui est décidé par les grévistes, et aucun parti ou syndicat ne doit avoir de place réservée). Toute personne (ou AG de secteur) ayant un point à mettre doit pouvoir le faire. Il est préférable que l’ordre du jour soit écrit sur un tableau, comme ça tout le monde sait où on en est et de quoi on parle (au lieu de parler de tout en même temps, ce qui mène à l’inefficacité).
·         Chacun doit pouvoir s’exprimer. Pour ce faire, il faut élire un président de séance qui note et distribue les tours de parole dans l’ordre où ils ont été demandés. Il doit aussi intervenir quand quelqu’un fait trop long, ou sort du point à l’ordre du jour. Il est bien sûr révocable s’il remplit mal sa tâche ou abuse de son mandat (en influençant les débats et les décisions, en censurant, en intervenant trop souvent pour donner son point de vue…), et devrait tourner à chaque AG. Bien sûr, tout le monde doit se sentir responsable du bon déroulement d’une AG, en respectant la parole de l’autre par exemple, mais sans président de séance on assiste bien souvent à la monopolisation de la parole par quelques-uns, ou au bordel.
·         Si l’AG décide de créer des commissions elles n’ont pas de rôle décisionnel, mais doivent seulement faire un travail technique déterminé par l’AG, élaborer des propositions dans un but précis, et rendre des comptes à l’AG. Faisons attention à ce que l’AG ne devienne pas un endroit où l’on vote rapidement ce qui vient des commissions, car on peut vite se reposer sur les gens y participant pour réfléchir et proposer à notre place.
·         Pour une tâche à accomplir il faut définir un mandat précis (quoi faire et comment), et désigner une, ou des personnes, pour accomplir ce mandat.
·         La prise de décision : sans vote, ce sont très souvent les quelques personnes s’exprimant le mieux qui formulent la décision, et la font passer en considérant qu’une majorité s’est dégagée. D’après nous le vote est nécessaire, car les décisions prises sans voter ne permettent pas vraiment à des gens en désaccord de l’exprimer, ne serait-ce que pour la simple raison que tout le monde n’ose pas parler en public. Ce qui revient à priver de son droit à la décision l’essentiel des participants à l’AG, tout en leur donnant l’impression d’exister au travers de quelques leaders. Un point, un débat, un vote, est la procédure la plus simple. De plus, les décisions doivent être clairement formulées par écrit, si possible sur un tableau afin que chacun puisse les noter, ainsi que dans un cahier tenu à la disposition de tous par un secrétaire de séance mandaté en début d’AG.
·         Il est également nécessaire d’être vigilant face aux arguments mettant en avant l’urgence d’une situation afin de faire adopter des positions à la va-vite, donc de nous forcer la main.
 
Toutes ces idées sont très générales, c’est à chacun de nous de les mettre en pratique, de les faire vivre et évoluer selon nos propres choix. Et ayons bien présent à l’esprit le fait que puisque personne ne mènera nos luttes à notre place, il est tout à fait légitime que nous gardions le contrôle de nos mouvements : l’autogestion peut permettre cette organisation collective, et démocratique.
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